
Collaboration avec l’artiste Karin Ruggaber, cette exposition commune s’inscrit dans la temporalité particulière d’équilibre et de bascule du solstice d’hiver, et s’offre au public, à la fois, sous la lumière naturelle du jour et sous celle des tubes industriels éclairant les cimaises, la nuit ( ouverture de 16 h à 20h, soit deux heures de jour et deux de nuit ).
Dans un noir et blanc équivoque, l’exposition explore la lisière du néant et visible, du mouvement et de la cristallisation, de la technologie et de l’immuable, et s’inspire de l’atmosphère et de l’espace de la sacristie de l’ancien Couvent des Cordeliers, avec des références à des rémanences ancestrales et à des traces imagées telles que celles des stations du chemin de croix.
Les photographies aux flashs de Karin Ruggaber explorent la frontière entre lumière et obscurité, révélant un instant de visibilité par l’effacement (la désintégration) de l’image. Elles expriment le dilemme d’être vu et de ne pas être vu, l’impossibilité de se voir soi-même, la technologie de l’iPhone en quête du Soi intérieur. La lumière devient métaphore et matière ; la figure semble tenir la lumière, allumant une étincelle, évoquant saints et fantômes dans le contexte plus large et de la mythologie du lieu. Ces images sont des expérimentations aux résultats imprévisibles ; l’instant précis de la prise de vue devenait insaisissable.
Gilles Conan ‘sacralise’ un projecteur motorisé de spectacle en le positionnant sur un socle. Il s’active en un cérémonial de mouvements à la fois mécaniques et fluides, tel un derviche tourneur robotisé qui mène des transes entrecroisées durant tout le temps de l’exposition. Ce n’est plus la lumière animée qui, le plus souvent soustraite, est en jeu, mais l’objet lui-même qui devenait œuvre.
Au sol, sont réparties de façon aléatoire des lentilles Fresnel de projecteurs-vasques comme lors de leur utilisation pour l’installation lumière éphémère dispersion, sur les façades du musée d’art contemporain de Bregenz (Autriche) en 2006 . Comme souvent, l’artiste remploie des matériaux, décale et superpose les contextes, ici, encore par soustraction.




