
Le projet a consisté à utiliser des lampes usagées, en l’occurrence des tubes fluorescents provenant de diverses origines : industries, magasins, garages, résidences particulières, bâtiments publics, éclairages publics, etc … récupérés dans un centre de collecte de recyclage.
Produits en fin de vie, ayant achevés leur ‘mission’ avant d’être démantelés, transformés et recyclés, afin d’être réinjectés dans la fabrication d’autres produits … ces tubes fluorescents ont été introduits ( ou réintroduits pour certains ) dans l’espace public en tant que reliques chargés, non plus d’influx électriques, mais de la ‘mémoire’ de leurs lieux et de leurs emplois d’origine pour être réunis en un même lieu et engendrer une proposition poétique inattendue.
La maison-abri créée était donc constituée de plusieurs mémoires mises côte à côte, en commun, pour former une œuvre indépendante, une sorte de nature morte contemporaine par soustraction et par addition.
rendez-nous la lumière pourra être interprétée elle-même comme un symbole d’une communauté, de façon plus large de la ‘maison-mère’, la ‘maison-terre’.
‘Oeuvre préservative ‘ comme il me plaît souvent de l’employer pour jouer sur les mots, elle était intrinsèquement porteuse de la question de l’écologie, d’autant qu’elle était installée au milieu du bassin du jardin de la Reynerie à Toulouse, dont le niveau d’eau était réglée, à dessein, à la limite du débordement.
On pouvait aussi y déceler des réminiscences d’inconscient collectif comme celle de la cabane de l’enfance, terrain d’expérimentation, de jeux et premier espace intime, à l’abri des regards des ‘grands’, dans cette clairière du jardin, qui ne se laisse découvrir et ne se dévoile entièrement que quand on y pénètre.



